Journée mondiale de la douleur
   
Exemple : arthrose, neuropathie, paracétamol, douleur enfant...

Définition de la douleur

La douleur est définie par l’Association Internationale pour l’Etude de la Douleur (IASP) comme « une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, associée à un dommage tissulaire présent ou potentiel, ou décrite en termes d’un tel dommage ».

Il faut distinguer la douleur aiguë, symptôme d'une lésion, de la douleur chronique, qui est une maladie à part entière.

On parle de douleur chronique après un délai d’évolution de 3 à 6 mois.

Le chemin de la douleur

A partir du site d’une lésion, naît un message nerveux (dit nociceptif, du latin « nocere : nuire ») qui est véhiculé le long des nerfs périphériques jusqu'au cerveau où il devient réellement douleur. Il est modulé tout au long de son cheminement par différents systèmes qui peuvent en augmenter ou en diminuer l'intensité.

Voyons plus en détail ce qui se passe.
Un traumatisme localisé, comme par exemple une brûlure à la main, provoque l'excitation de récepteurs particuliers. Ces terminaisons nerveuses susceptibles de signaler la douleur se trouvent dans tous les tissus : la peau, mais aussi les viscères et les muscles.

Le message est alors transmis par des fibres nerveuses jusqu'à la moelle épinière. Il existe plusieurs systèmes de transmission périphérique. Des fibres de différents diamètres sont capables de transmettre plusieurs types de messages à des vitesses différentes :

  • les fibres les plus grosses, qui conduisent l’information rapidement, informent de la présence d’une douleur localisée 
  • les fibres plus fines, qui conduisent plus lentement, vont être à l’origine d’une sensation de douleur plus diffuse

De la moelle épinière, le message arrive ensuite au cerveau où il devient réellement douleur, c'est-à-dire une sensation localisée dans le corps et désagréable. Différentes réactions motrices vont accompagner la transmission du message douloureux : par exemple, retirer sa main de la source de chaleur.

La théorie de la « porte »

Le message « douloureux » est modulé tout au long de son cheminement par des systèmes régulateurs : au niveau de la moelle épinière, il existe un filtre modulateur de très grande importance appelé la « porte ». Il a été décrit sous le nom de théorie du « gate control », par Patrick Wall et Ronald Melzack en 1965.

Le message « douloureux » transite par cette porte qui peut être plus ou moins ouverte : le débit du message douloureux peut donc être augmenté, réduit ou même totalement interrompu. Plus la porte est ouverte, plus le message douloureux est perçu comme intense.

Cette théorie a permis de comprendre les effets de certaines réactions face à la douleur, comme par exemple mettre de l’eau fraîche sur une brûlure, qui peut effectivement soulager une douleur en provoquant la fermeture de la porte.

Dans le système nerveux, différents mécanismes régulent l’intensité de la douleur.

Au niveau du cerveau

Le message douloureux va ensuite atteindre différentes structures du cerveau.

Il remonte par différentes voies vers le thalamus et le cortex.

De nombreuses structures cérébrales participent au décodage de la douleur.

C’est au niveau de ces structures supérieures que s’élabore la perception qui permet de décoder la localisation et la nature de la douleur : brûlure, piqûre, crampe.

Certaines zones sont plus impliquées dans la mise en mémoire de la perception en établissant une comparaison avec les expériences passées (processus d’apprentissage).

D’autres zones semblent plus impliquées dans les aspects émotionnels de la douleur et organisent les comportements pour faire face à la douleur.

La diversité des contrôles

L’organisme dispose de différents recours pour réguler la douleur.
Depuis 1975, on sait qu’il sécrète ses propres substances anti-douleur. Ce sont des morphines naturelles appelées endomorphines ou endorphines. Ces dernières inhibent la douleur, c'est-à-dire qu'elles la bloquent en fermant la « porte ». Cela a bien sûr d’importantes conséquences thérapeutiques : on peut en effet agir sur la « porte » pour la fermer partiellement ou complètement.
La théorie de la « porte » a aussi permis de comprendre que la douleur apparaît en cas d’un déséquilibre entre le système inhibiteur et le système excitateur :

  • un coup de marteau, une entorse ou bien une piqûre provoquent une surcharge du système excitateur 
  • le dérèglement du système inhibiteur peut également rompre l’équilibre

Cette défaillance a permis d’expliquer certaines douleurs après une lésion nerveuse ou l'amputation d’un membre (douleurs fantômes).

Le rôle de la douleur

Fondamentalement, la douleur a un rôle de signal d’alarme utile.
Elle met en alerte l’individu et l’invite à remédier à une situation dangereuse pour son intégrité physique.
Ce rôle est retrouvé dans l’ensemble du monde animal : un stimulus désagréable entraînera une réaction de défense. Chez l’homme, la douleur a la même fonction en cas de douleur aiguë. Toutefois, on observe chez l’homme de nombreuses formes de douleur depuis la simple alerte suite à une lésion aiguë à une souffrance chronique révélatrice d’une pathologie évolutive ou au contraire sans cause évidente…

Douleur aiguë ou chronique

La douleur signale généralement une lésion, une maladie ou un dysfonctionnement de l’organisme. Dans ce cas, elle est nécessaire. C’est un véritable signal d’alarme permettant de se protéger. Une fois traitée, cette douleur dite "aiguë" disparaîtra.
La persistance d’une douleur aiguë sur le long terme (au moins 3 mois) définit une douleur chronique. Si on comprend bien le rôle de la douleur aiguë, la douleur chronique, elle, n’apporte plus une information utile pour l’organisme. La douleur qui persiste devient alors véritable pathologie, indépendante de sa cause initiale et demandant à être traitée comme telle.

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Dernière mise à jour le : 26/10/2009