Choix du lauréat de la bourse SFMU
L’Institut UPSA de la Douleur en partenariat avec la Société Française de Médecine d’Urgence (SFMU) a créé une bourse d’étude d’un montant de 20 000 euros sur 2 ans, afin de promouvoir la recherche clinique ou fondamentale dans le domaine de la douleur aux urgences.
L'objectif général des bourses de recherche en Médecine d'Urgence est de soutenir un candidat investi en Médecine d'Urgence et ayant le projet d'une activité de recherche à temps plein pendant une période définie (au maximum deux ans) dans une structure opératoire, de pilotage ou de gestion de recherche clinique ou fondamentale. Le candidat doit avoir un projet de recherche concernant la douleur, avoir un projet personnel en Médecine d'Urgence et être membre de la SFMU.
Les dossi
ers de candidature et le réglement sont obtenus ici et là ou sur le site de la SFMU.
La date limite de dépôts de candidature est fixé au 11mars 2012 et l'attribution aura lieu lors du Congrès Urgence 2012.
Si vous souhaitez télécharger l'affiche relative à cette bourse, cliquez ici.
Après le Docteur Stéphanie André, récompensée en 2008, c'est au tour du Docteur Vincent Bounes d'obtenir cette bourse de recherche 2010 pour son travail sur « l'Etude prospective multicentrique internationale sur la pharmacovigilance de la titration morphinique dans les services d'accueil des urgences : Description, imputabilité et critères prédictifs ».
« La morphine est le médicament de référence contre la douleur sévère, mais présente un certain nombre d'effets indésirables. La prescription d'antalgique est donc souvent préférée à la morphine pour cette première raison mais aussi en raison de « l'opiophobie » de certains soignants. Or, il n'existe encore à l'heure actuelle aucune étude ayant réussi à mettre en évidence le facteur prédictif de survenue d'effets indésirables liés à la titration morphinique » écrit Vincent Bounes dans le justificatif de son projet d'étude.
Selon Vincent Bounes « Une bonne documentation de ces risques et des moyens de les prédire est donc nécessaire, à la fois pour adapter notre thérapeutique et notre surveillance, mais aussi pour diminuer la méconnaissance et l' « opiophobie » de certains soignants. »
L'objectif de ce projet est, dans un premier temps, de déterminer les facteurs prédictifs d'effets indésirables liés à la morphine lors de son utilisation en aigu dans les services des urgences, puis, de déterminer dans un second temps la fréquence et la gravité des effets indésirables liés a la morphine.
Il s'agit d'une étude observationnelle sur une cohorte multicentrique internationale recherchant les facteurs prédictifs d'un évènement indésirable lié à la morphine.
Le critère de jugement principal retenu est la présence d'un effet indésirable imputable à la morphine dans les 6 heures suivant le traitement.
Cette étude portera sur 910 patients répartis sur 30 centres dans 2 pays (France et Etats-Unis)
La durée totale de la recherche est de six mois. Dans le détail, la période d'inclusion est prévue sur mois et la durée de participation de chaque patient de six heures.
Seront inclus les patients ayant reçu de la morphine dans les SAU participants. Il n'y aura pas de modification de la prise en charge existante concernant les patients inclus. Le médecin des urgences remplira un questionnaire, dans lequel seront recueillies les données démographiques et les facteurs candidats à la prédiction d'un effet secondaire. L'imputabilité de la morphine dans cet effet secondaire sera affirmée par un comité d'expert après recueil des données du dossier du patient.
L'objectif du Docteur Bounes est de voir sur une large population les effets indésirables liés à la morphine, leurs conséquences pour les patients, principalement en termes de gravité, et leurs critères prédictifs. Ceci permettra de mieux repérer les patients les plus à risque d'avoir un effet indésirable, et par là même d'adapter à la fois la titration morphinique, mais aussi la surveillance chez ces patients.
Vincent Bounes souhaite que ce protocole aboutisse vers une meilleure sécurité mais aussi vers une meilleure efficacité dans la prise en charge des patients douloureux aux urgences.
Anesthésiste réanimateur et urgentiste, Vincent Bounes travaille en SAMU et dans le service des urgences du CHU de Toulouse avec une thématique sur la douleur aiguë, en particulier sur la pharmacologie des opiacés et la titration morphinique.
L'Institut UPSA de la Douleur félicite vivement Vincent Bounes et lui souhaite une pleine réussite pour son projet.
Le jury, composé des membres de la sous-commission recherche de la SFMU, a attribué en 2008 cette bourse au Docteur Stéphanie André pour son travail sur « l’évaluation de l’efficacité du bloc ilio-fascial aux urgences sur la douleur liée aux fractures de l’extrémité supérieure du fémur, comparée à une prise en charge traditionnelle : une étude randomisée contrôlée.»
Le Docteur Stéphanie André investigateur principal de cette étude a été choisie pour l'année 2008 non seulement pour la qualité et l’originalité de son projet mais également pour son cursus. Diplômée d’un DES de médecine générale et d’un Doctorat en médecine en 2006 (Faculté Paris Descartes, Université ParisV) elle obtient en 2008 un DESC de médecine d’urgence. Actuellement chef de clinique assistant de la Faculté Paris Descartes, Université ParisV, le Docteur Stéphanie André a été co-investigateur de deux autres études : Urgent-Survey et Aplasie.
Cette étude a pour but de mieux soulager les patients arrivant aux urgences avec une fracture du col du fémur, en comparant les différents traitements connus pour la douleur avec un technique d’anesthésie loco-régionale : le bloc ilio-fascial (BIF).
En effet les traitements habituels pour la douleur dans ce type de fracture sont parfois insuffisants.
Cette technique a déjà fait ses preuves pour soulager rapidement les douleurs liées à ce type de fracture et surtout les douleurs induites par la mobilisation du membre fracturé. Le but étant, à terme, d’utiliser cette technique en pratique courante dans les services d’urgence.
L’Institut UPSA de la Douleur félicite le Docteur Stéphanie André et lui souhaite un vif succès pour son projet.